L'Esprit de suite

Le blog de Di Brazzá, artiste multicarte.

CHANSONS DE LA CITE RADIEUSE, Nocturnes Livre IV

(SILEO) Nocturnes, Livre V

Jeudi 12 Juin 2008.

CHOCHOTTES BLUES # 16 (LOU)

                                                                          Chochottes blues ? (Lou)

                       


                                                                                         " Tout commence lorsqu'on ne parle plus,
                                                                                         Etend devant soi
                                                                                         Des doigts de laine et de givre"

                                                                                         Claude de Burine (Retour)


F. Niezsche . Lied: Unendlich (infiniment).CD disponible ICI
La version proposée ici est celle de John Bell Young (piano) et John Aler (tenor) mais elle ne semble plus disponible même sur le site officiel de Young, qui paraît fermé.

- « La fenêtre ? Non. Je ne l’ouvre pas. Je ne l’ouvre plus. Jamais. À cause des oiseaux. Ils ne survivraient pas à tout ce ciel qui les attend dehors la gueule ouverte. Un peu comme un chat. Ils ont toujours vécu ici mes oiseaux. En liberté. J’en ai près de trente. Ils sont heureux. Enfin, je crois qu’ils le sont. Pour la plupart ils sont nés dans une cage. Alors, mon petit T3, c’est du grand espace pour eux. Et puis le ciel, quand j’ouvre les rideaux et qu’ils en quittent la tringle où ils aiment tant se percher, le ciel, ils peuvent le voir à travers la vitre mes oiseaux. Sans danger. Mon petit T3, d’ailleurs, on peut dire comme ça qu’il est juste à hauteur de ciel. Parce que dans cette  maison de village dans laquelle j’habite, un troisième étage, le mien, ça vaut bien un quatrième ou un cinquième ailleurs tant nos plafonds sont hauts. Ça me coûte d’ailleurs assez cher en chauffage. Parce que l’hiver ici, contrairement à ce que bien des gens pensent, il peut être très rigoureux l’hiver. Ma fille dit, et je crois bien qu’elle a raison les murs des isolés ils le sont pas trop, isolés ou quelque chose comme ça. Elle est pas loin d’avoir raison. D’ailleurs je vis dans l’île. À deux pas de la Madeleine et du miroir aux oiseaux. L’église de la Madeleine. Quel joli prénom que celui là. Moi je m’appelle Fernande. Un prénom que je n’aime pas. Non. Je ne l’ai jamais aimé mon prénom. Il donne à rougir. Et rougir, je l’ai bien trop fait. Moi j’aurais aimé qu’on m’appelle Lou. Ou Loulou. À cause de Louise Brooks bien sûr. Et de Lou Andréas Salomé. Toutes les deux j’ai affiché leur portrait sur le seul mur de mon salon contre lequel mes livres ne s’adossent pas. J’ai beaucoup de livres. Je les aime. Un grand nombre d’entre eux me viennent de maman. Je ne les ai pas tous lus, non. Mais j’aime leur compagnie. Ils se taisent. Ils se taisent mais pourtant j’ai souvent l’impression qu’ils parlent. Qu’ils me parlent. Comme mes canaris quand ils chantent en écoutant Mozart. Mes canaris, c’est Mozart qu’ils préfèrent. Surtout les sonates pour piano. Allez savoir pourquoi. Moi je ne parle plus. Sauf à ma fille, un peu. Je parle le silence. Le silence, oui, Je ne parle que ça. Je n’ai plus d’autre langue. C’est depuis cette histoire. Avec ce jeune kurde. Celui dont les yeux verts m’éblouissaient. En ce temps là, c’était la nuit que je sortais. Je longeais le canal St Sébastien puis tournais à la Madeleine pour prendre la rue qui mène au petit pont et de là je sautais jusqu’à Ferrières. Et là, sur le quai Paul Doumer je rêvais un peu en regardant les bateaux, les voiliers surtout, les grands voiliers. Maintenant il y a un théâtre sur le quai. Il est très beau. J’y vais quelques fois, mais pas souvent quand même. Avec ma fille. Toujours pour un concert. Jamais pour autre chose. Enfin tu ne vas pas mettre ça, me dit tout le temps ma fille, on dirait Armande Altaï. Maman, tu as quatre-vingts ans, quatre-vingts. Et elle appuie bien sur le quatre. Et le vingt. Tu préférerais peut-être Amanda Lear, je pense tout bas, mais je ne dis rien. Pourquoi dire. En Armande Altaï c’est comme ça qu’il m’a connu le jeune kurde aux yeux éblouissants. Ça ne le gênait pas ce que ma fille appelle ma vilaine choucroute aux vilaines anglaises et mes vilaines frusques d’où as-tu tiré ça encore et mes vilains bijoux trop voyants St Germain des prés, et ma bouche trop rouge que cerne un peu de noir. Ça ne le gênait pas non plus que je fume. Ni que je boive un peu. Tout ce qui gêne ma fille ça ne le gênait pas. C’est chez Mouloud que je l’ai vu, Hilkar. Il s’appelait Hilkar. Je crois. C’est si vieux tout ça. Cinq, six, sept ans ? Je ne sais plus. En tous les cas tout ce qu’il m’en reste de ce garçon c’est cette musique là : Hil-kar. Avec le r légèrement mouillé. Comme un peu de rosée posée là tout au bout de son nom. C’est à cause de lui que je parle silence. Enfin, pas tout à fait à cause de lui, plutôt à cause du procès. C’est son avocat. Son avocat il a dit quelque chose comme cette dame là, oui, cette petite dame là, que vous voyez, cette petite dame là eh bien croyez en vos yeux ou non mais la nuit toutes les nuits elle sortait, comme une louve affamée, et il a bien appuyé là-dessus, louve, et affamée, et elle cherchait ses proies. En général c’est Chez Mouloud, un bar arabe du quartier de Ferrières, à Martigues qu’elle les ferrait ses proies. Et elle les faisait monter chez elle après qu’ils aient bien bu. Et là, elle s’offrait un moment furtif de jouissance. Je dis bien qu’elle s’offrait, parce que les cadeaux ça s'achète. Parce que cette petite dame il faut bien le dire et je n’ai pas peur de le dire, moi : elle s’offrait des gigolos. Et peut-être même continue-t-elle. Encore et encore .Voilà. Mon client n’est rien d’autre qu’un de ces nombreux pauvres hères que la misère, financière et sexuelle, a conduit jusqu’à  elle. Il n’est pas un violeur. Est-ce qu’il a dit tout ça comme ça ? Je n’en sais plus rien. Mais il l’a dit. Alors peu importe comment il s’y est pris pour le dire. Moi ce que j’avais envie de dire c’est que non, enfin oui : il ne m’a pas violée, il ne m’a jamais violée. Et le procureur ? Le procureur. Je relève que Madame a déclaré aux gendarmes : oui. Il a bien abusé de moi. Il m’a demandé violemment d’ôter mes vêtements. Je l’ai fait. Mais j’ai gardé ma petite culotte rouge. Et là il me l’a arrachée. C’est bien cette culotte, Madame, n’est-ce pas ? Approchez vous. Oui, regardez la bien, c’est bien celle-ci, non ?  C’est à ce moment, je crois, ou un peu avant, ou alors juste après que je me suis mise à parler silence. Pour toujours. Derrière moi des gens pouffaient. Et moi je regardais Hilkar. Je le regardais dans ses yeux éblouissants. Ses yeux qui criaient madame madame dites leur que j’ai rien fait qu’on a même pas couché ensemble que je vous ai même pas touchée. J’ai rien dit de tout ça. J'ai pas dit c'est Lounis. C'est lounis qui a fait venir les gendarmes. J'ai pas dit c'est Lounis: il était jaloux. Oh pas pour moi, non, pour l'argent. Lounis c'était l'argent. Toujours l'argent. Hilkar a pris six ans. Six. Certains ont dit c’est pas beaucoup. Depuis je ne sors plus la nuit. Je ne vais plus chez Mouloud. Quand je sors, si je sors, parce que je ne sors presque plus et puis les étages c’est de plus en plus lourd à monter, si je sors c’est en journée. Je prends alors l’autre pont. Pas celui qui conduit à Paul Doumer, non, l’autre, celui qu’on emprunte pour accéder au petit square qui fait face à l’étang. Quand il fait septembre il y a toujours des fleurs accrochées sur un arbre. Pour quelqu’un qui aurait vu la nuit à cet endroit. Après s’être tiré une cartouche dans le ventre. Mais il n’y a pas son nom sous le bouquet. Tant mieux. Ces choses là doivent rester dans le secret de la nuit qu’elles ont appelée de toutes leurs forces. Quand je suis au square, très souvent, allez disons-le, presque tout le temps je vais en bord de plage et je regarde l’étang. Je regarde sur sa surface les traces que je laisserai le jour où je serai prête. Quand je marcherai sur son dos sans me faire trop lourde malgré tout mon chagrin. Quand il dira ouvrez la trappe et quand je l’ouvrirai, la trappe. Oui je regarde tout ça. Tout ce chemin que je ferai. Un jour. Bientôt peut-être. Et puis, si je ne vais pas par là, alors je me dirige de l’autre côté. Je prends le pont levant et puis, en longeant le canal Gallifert, je vais prier un peu à la chapelle. La chapelle de l’Annonciade. Parce que Notre Dame des marins, perchée comme elle est, j’aimerais bien y aller mais c’est  beaucoup trop loin pour moi. Beaucoup trop haut. Infiniment. »  
Di Brazzá - Lou - (Pour  Elle et Lui, dont je tairai les initiales)                                            

                                                                                             Chochotte blues?

AUTOPUB , Rappel:    
"Récitar Cantando" plutôt que Roman
 mon dernier ouvrage : JE EST UNE O.MBRE  
 est  désormais
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Illustration haut de page: Doken Broll # 30 Copyrights: © Di Brazzá                                               

 

 


             

dibrazza | 17 h 02 | Rubrique : (CHOCHOTTES BLUES?) Nocturnes, Livre I | Màj : 26/07/08 à 08 h 26

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Commentaires

argoul

12/06/08 à 17:22

J'aime bien la condamnation pour non-viol d'une non-jeune fille qui ne regrette rien et met les oiseaux en cage T3. A force de tout retourner, on y voit les coutures, de cette société du jeune, du sexe, du poétique obligatoire, de la générosité innée, du droidelôm, des victimes forcément basanées. Mais peut-être ai-je mal compris.

Re: Non viol

dibrazza

12/06/08 à 17:35

Argoul, mon bon Argoul, moi je te lis moins vite. Et pourtant tu fais souvent aussi long que ma pomme. Recommence veux tu? Len-te-ment  Et si tu ne sais pas par où commencer suis donc des yeux mais des yeux seulement ce chemin que Fernande-Lou trace sur la peau de l'étang. Il est pas innocent ce chemin, son chemin, qui va jusqu'à la trappe. Et puis quand tu les auras bien suivies ces traces sur les vagues, passe aussi chez Mouloud. C'est un brave homme. Assurément. En plein jour on voit bien qu'il est tout blanc. Comme Hilkar. C'est pas très foncé un kurde.

Mais peut-être qu'à force de parler silence Lou choisit mal ses mots. Peut-être qu'il arrive à présent à ses mots ce qui arriverait à ses oiseaux si elle ouvrait la fenêtre. Les mots trop retenus c'est comme les oiseaux en cage, le grand air ça leur fait pas du bien.
Est-ce que je sais?

"Moi je ne parle plus. Sauf à ma fille, un peu. Je parle le silence. Le silence, oui, Je ne parle que ça. Je n’ai plus d’autre langue"


amications cartigéhennes
dB

Nota: Cependant j'ai rajouté Lounis, avec lui je crois qu'on pige mieux.

Re: Non viol

christiane

12/06/08 à 19:04

oui, les mots s'habituent au silence et comprennent bien le regard de cette femme-là et cette autre langue là-bas quand il parle à Emma...
C'est la première fois qu'un de vos textes naît si tard dans le jour ou si tôt dans la nuit qui est encore le jour ou le jour qui s'est trompé de nuit. Vos mots en sont tout ensommeillés du grand silence et cette musique... Comment faites vous pour concilier si justement l'avènement de ces deux paroles, l'une étant le silence de l'autre...
Il y a un chemin à ne pas perdre en tous ces textes. Ils sont tissés ensemble. Même douce parole de celui qui raconte, même mélancolie comme un tampon d'ouate sur la bouche de l'ombre. Presque une lampe allumée quand vient le soir.
Je vais re-lire(lier) tous ceux-là, ce soir en rentrant, cette nuit...mais je n'écrirai pas...juste le silence...

Re: Non viol

sapience malivole

12/06/08 à 19:13

Pardonnez-moi d'utiliser votre blog comme boite aux lettres, DI brazza, mais...
Cristiane, je vous a envoyé deux mails qui m'ont été retournés.
Controlez.

Re: @ Sapience, qui est sur ma route.

dibrazza

12/06/08 à 20:08

τίς ὁδῷ τίς ὁδῷ; τίς;
μελάθροις ἔκτοπος ἔστω, στόμα τ᾽ εὔφη
μον ἅπας ἐξοσιούσθω
τὰ νομισθέντα γὰρ αᾇεὶ
Διόνυσον ὑμνήσω.

Qui est sur la route? Qui est sur la route ?* Qu'on rentre au palais. Qu'on s'écarte. Que la bouche silencieuse, chacun se garde de l'impiété, car, selon le 
rite, avec l'hymne d' « Évohé! », je célébrerai Dionysos.
Euripide, les Bachantes.


amications évohètes
dB

* sapience, bien sûr.

Re: @ Sapience, qui est sur ma route.

sapience malivole

12/06/08 à 20:38

Πέστε λοιπόν  στον ήλιο να βρει έναν καινούργιο δρόμο
Dites donc au soleil de trouver une nouvelle route
Τώρα που πια η πατρίδα του σκοτείνιασε στη γη
Mantenant que sa patrie s'est assombrie sur terre
Αν θέλει να μη χάσει την περιφάνεια του.
S'il ne veut pas perdre sa fierté.

Odysséas Elytis.

Re: @ Sapience, qui est sur ma route.

christiane

12/06/08 à 21:40

Je vous retrouve tous deux sous "Mia Madre" pour ne pas encombrer ici et parceque là-bas, tu as écrit :
"...plus jamais un mot ne sera pour nous un abri. Ni ne nous couvrira de son ombre..."

Re: @ Sapience, qui est sur ma route.

dB

12/06/08 à 22:12

Christiane, je rétablis ici le commentaire que vous laissez sous mia madre. ne vous inquiétez pas: il ne fait pas de bruit.

"

"Les livres, vous aurais-je connu sans eux..."
J'ai lu vos deux messages tissés comme une tresse de cerf-volant. Un vent contraire a fait revenir cette voix-là où elle est née, juste sous l'histoire de fernande qui était le sien, nom. J'aime cette femme courbée par le remords, elle peut ainsi porter la peine et la honte, sa honte.
Elle savait qu'elle se courberait pour accueillir cela, avec ses mots aux ailes frileuses, avec ses mots silence, avec ses mots honteux d'avoir fait tant de bruit, d'avoir pris tant de place mais il fallait dire, crier, héler le ciel trop propre pour que s'entende sa parole - ô, cieux baissez les yeux, ô dieux ne jugeaient pas , NOUS ne sommes pas innocents mais tout pétris de cette glaise rouge qui tache comme du sang. De la même couleur maintenant, de la même couleur.
Il est tombé, non, il a sauté, librement de vos couronnes d'argent. Icare blessé de vie, Icare foudroyé, plongeur des eaux tumultueuses et sombres, celles du sexe, de la débauche, des frôlements de bêtes, des dents pleines de sang.
Et le soleil ne changera pas son nom car la mer s'est faite douce et coupable aussi pour être son nid-clos de nacre lisse et d'algues. C'est elle qui est crucifiée sur les coraux acérés des fonds de l'immolé pour qu'il se pose doucement et y repose son corps de poisson bleu
Chut ne faites plus de bruit il dort doucement balancé par lesvagues du soir

la mer a saigné rouge ce soir sur la grève de l'île noire "

christiane"

amications postières
dB

Re: @ Sapience, qui est sur ma route.

christiane

12/06/08 à 22:23

repose-toi, je veille...

Re: Non viol

argoul

13/06/08 à 10:40

Pardon, un mot sauté dans mon commentaire : condamnation PAR une non-jeune fille (pas "d'une" - quoique cela ait un sens aussi...). Oui, les traces qu'on laisse (en dehors de l'argent), exister au moins, faute d'être aimée, tout ça. Mais j'aimais bien cette idée du "retournement de toutes les valeurs" chère à F. Nietzsche, justement en dédicace. Faut-il croire que, comme les enfants, les personnages une fois nés échappent à leur auteur ?

nota : lemonde.fr se trouve victime d'une invasion de spams venus de Russie (à cause du Kosovo et de l'échéance de dimanche ?). Mercredi et jeudi, il a donc été très difficile de trouver un créneau pour bloguer ou commenter. J'ai dû moi-même enregistrer à part mon propre commentaire en réponse à un autre sur mon propre blog - avant de le poster enfin quelques heures plus tard ! Sans parler de la note d'hier matin qui a sauté deux fois et que j'ai dû refaire en enregistrant par précaution chaque étape... Ce matin, il a fallu réenregistrer ses ID et mot de passe.

nota 2 : la procédure du commentaire sur viabloga est curieuse, vous tapez sur mettre un commentaire et vous tomber sur une page qui n'ouvre pas au commentaire; il faut encore redire que vous voulez commenter. Quant à lire les commentaires des autres, il faut encore manipuler le truc dans tous les sens ! Est-ce moi qui suis bizarre ?

Re: Non viol @ Argoul

dibrazza

13/06/08 à 14:10

" Faut-il croire que, comme les enfants, les personnages une fois nés échappent à leur auteur ?"

Je pense que oui. Zutalore: sont peut être plus résistants que les oiseaux décagés, ces gens là. Mais bon: de toutes façons un texte c'est un peu comme un parking souterrain chacun choisit le niveau qui lui convient. Sauf bien sûr si c'est embouteillé dans tous les sens!!

nota : lemonde.fr se trouve victime d'une invasion de spams venus de Russie (à cause du Kosovo et de l'échéance de dimanche ?). Mercredi et jeudi, il a donc été très difficile de trouver un créneau pour bloguer ou commenter etc etc
 
merci Argoul de toutes les précisions. ça remonte un poil le moral : me croyais tricard au monde. Moi qui ne parle que de ça, des tricards, vla qu'c'était mon tour.

nota 2 : la procédure du commentaire sur viabloga est curieuse, vous tapez sur mettre un commentaire etc...
Comprends pas. Moi je tape sur "répondre à cet article"  ou "répondre à ce commentaire" et hop! emballé, comme chez le boucher. Pourtant, nous, on a pas encore de spoutniks sovietiks pour nous rougir l'arrière train. 

Te réponds tard car absent depuis cinq heures du mat. Rentre à peine.

Amications guerredesmondes
dB

le lied de F.Niezche

christiane

13/06/08 à 05:06

J'aimerais bien connaître la traduction du lied "unendlich" (infiniment) que chante, si gravement, John Aler dans cette version Young. Est-ce possible ? Je pense que cela résonne avec les mots-silence et les oiseaux englués et la trappe qui l'attend...

Re: le lied de F.Niezche

dB

13/06/08 à 05:18

Pas trouvé. Suppose moi aussi que ça raisonne.

Re: le lied de F.Niezche

christiane

13/06/08 à 05:23

la musique et votre texte traduisent l'intraduisible. Vous ne dormez donc pas ? C'est beau cette heure calme

alors écrivez

christiane

14/06/08 à 14:52

Alors, écrivez, cher grand ami, écrivez, encore et encore, tout ce qui vient et comme ça vient dans cette langue belle, drue, douce et venimeuse. cet ourlement de soi(e) qui se plante dans nos faux-semblants, dans nos hontes, nos déguisements. vous serez toujours le banni parce que vous les mettez en danger de se voir minuscules torturés émasculés
parce qu'ils veulent vivre rassurés donc contre
haro sur vous pensent-ils  se croyant plus forts d'être deux, d'être mille à se dire à vous dire
ô non nous on n'est pas comme ça on avance bien droit dans le rang dans le mur dans le murmure dans la rumeur
ah qu'elle est bonne
pensent-ils quand elle efface ce qui en nous tremble de se reconnaître
ainsi
écrivez écrivez
cher très cher grand ami avec di avec oum avec tout ce qui est vous
pour vous un tapis rouge
une saignée de roses
un soleil assassin
et tous mes chants grégoriens
et toutes mes églises
et leur encens
et leur christ crucifié
et leurs communiants aux aubes blanches
je vous en donne à profusion de cette blancheur de lin
car vous êtes pur
si pur
ah ! s'ils savaient
écrivez cher ami
écrivez
j'aime
vous

Les quarts d’heures s’allongent

klostro

15/06/08 à 02:32

La pure réalité d’un bonheur passager… 

C’est de récupérer un jeune arbre de deux mètres cinquante.

De préférence cramoisi par la folie des hommes, mais oui tu sais bien ces mêmes lascars qui enterrent les rivières et blûlent les garrigues.

La pure réalité d’un bonheur passager… 

C’est d’installer confortablement ce jeune arbre mort pour apaisé ses souffrances, plus près des étoiles, au troisième étage.

La pure réalité d’un bonheur passager… 

C’est d’y laisser vivre quelques bengalis, car sûrement si l’on ouvrait la fenêtre :

« Ils ne survivraient pas à tout ce ciel qui les attend dehors la gueule ouverte. »

Cette phrase. Me clou, je n’irai pas plus loin ça ouvre les fenêtres.

Les quarts d’heures s’allongent

Re: Les quarts d’heures s’allongent

christiane

15/06/08 à 06:06

Dans un film de Tarkovski, il y a un enfant, à la fin, qui arrose un arbre mort, tous les jours il arrose ce jeune arbre mort...la guerre, les flammes ont tout dévasté même la maison mais lui arrose le jeune arbre mort...
La gueule du ciel s'est ouverte. Il y a eu un combat terrible avec les dragons, de feu et de sang mais lui arrose le jeune arbre mort
j'aimerais réaliser le film qui devrait suivre
ce serait un matin très doux très pur avec une de tes musiques, peut-être une flûte pour accompagner ce qui se lève tout neuf
comme un chant d'oiseau
 l'enfant viendrait près de l'arbre, l'arroserait et ne partirait pas
l'oiseau viendrait
se poserait sur l'arbre et ne partirait pas
il se poserait sur une branche de l'arbre et chanterait et alors
toutes les branches frémiraient
ses notes arrachées à la nuit
soulèveraient en lui
une sève venue dont ne sait où
et là
tout au bout des branches ça ferait
comme un sanglot d'écorce qui s'ouvrirait à la vie
une feuille deux feuilles des milleirs de feuilles pointeraient leur museau encore tout collé des caresses des bourgeons
et l'arbre deviendrait vert
et l'enfant regarderait
même pas étonné
et il sourirait
et de son sourire tous les autres oiseaux
cachés dans le ciel
seraient gourmands
alors ils viendraient
en vagues multicolores
sur l'arbre et sur l'enfant
et ça ferait une ronde
à ébouler
tous les étages
et tous les balcons
à vous ouvrir
toutes les fenêtres
et elle rirait la fernande et l'autre le silencieux aussi
l'étang serait tout bleu de carpes réveillées et bondissantes
l'herbe gagnerait le désert
ce qui a été brûlé ne se
souviendrait plus du feu et de la haine
ça serait comme cela mon film
et là au pied de l'arbre
l'enfant
aurait grandi
il serait aussi grand que l'arbre
plus grand que l'arbre
devenu arbre
parce que les racines dans son front
auraient
donné naissance à un feuillage remuant doucement
là-haut dans les étoiles
il prendrait une plume
à l'oiseau-lyre
et avec son sang nouveau
il écrirait
ô ça c'est sûr
il écrirait

Re: Les quarts d’heures s’allongent

dibrazza

15/06/08 à 21:36

« Ils ne survivraient pas à tout ce ciel qui les attend dehors la gueule ouverte. »

Nous le savons bien toi et moi qu'il vaut mieux que le ciel ferme sa gueule!

Heureux de te voir si souvent ici. 

amications à l'auverse et à lendroites
dB

Re: Les quarts d’heures s’allongent

christiane

16/06/08 à 12:30

tout doux, l'ami doux, tout doux...

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