Le blog de Di Brazzá, artiste multicarte.
Di Brazza - Chemin de l'envol du héron ( prélude pour guitare et flute) B.O.L du Journal d'une disparition. Inédit.
-« Il a cru que je le voulais. Que j’en avais envie. Mais non. Je ne voulais pas. C’est la façon stupide dont je m’y étais prise pour lui demander ça qui a fait qu’il a entendu tout autre chose. Et il y a de quoi. Car stupide, et même un peu méchante, je crois bien l’avoir été dès le départ. Vous-même, que viendriez-vous à penser d’une femme de mon âge et de ma condition qui s’invite à votre table puis vous conduit jusqu’à sa chambre, jusqu’à son lit, pour ne plus rien vous demander ensuite? Parce que c’est ainsi que cela s’est passé. Nous étions ici. Dans ce même restaurant. Lui était installé à cette table, là-bas, près de la fenêtre, et moi à celle-ci, qui nous fait face. Je m’apprêtais à dîner seule, comme je le fais si souvent hélas depuis que je suis veuve. Lui aussi était seul. S’il ignorait tout de moi, jusqu’à mon existence (d’ailleurs il me tournait le dos, alors, comment aurait-il pu me voir ?) je savais, moi, par contre, un grand nombre de choses à son sujet. De ce genre de choses que les femmes se chuchotent entre elles et qui vont leur chemin de bouches en oreilles, se cognant à tous les coins et recoins d’une chambre, d’un salon, puis d’un quartier, puis enfin d’une ville et, pourquoi pas : d’une région toute entière. Vous permettez ? lui ai-je dit , mon panier de ragots sous le bras. Vous permettez ? Et je me suis assise. Oui. Assise. En face de lui. À sa table. Comment réagit-il ? Comme un homme qui s’inquiète auprès du chef de rang que votre couvert n’a pas été mis, vous complimente de la façon la plus exquise sur votre teint et grimpera peu après, de la manière la plus naturelle du monde, les quelques marches par lesquelles on accède à votre chambre depuis votre salon. Car c’était là que je le conduisis. Là que depuis le départ je voulais le conduire. Dans ma chambre. Il a été surpris. Surpris, oui, mais pas de se trouver là avec moi, bien au contraire puisque, comme je vous l’ai souligné, tout semblait se dérouler pour lui de la manière la plus naturelle du monde. Non. Ce qui provoqua sa surprise, c’est la décoration des lieux. Il s’attendait, j’en suis certaine, à quelque chose d’un peu mièvre. Un univers très… comment dire… féminin. Enfin, le féminin tel que le masculin s’emploie à le voir, à l’imaginer, à nous le faire entrer dans la tête. La nôtre, comme celle de leurs fils. Un féminin qui le rassure quant à sa masculinité. Cette nuit là il faisait froid. Très froid. Quelques jours auparavant il était même tombé quelques flocons de neige que le vent avait très vite verglacés. Et les radiateurs ne suffisant pas, je lui demandai donc s’il voulait bien aller chercher dans la remise de quoi faire un bon feu de bois dans la cheminée. Puis, tandis qu’il s’affairait, je mis un peu de musique. La même que celle que j’avais été entendre en concert la veille. Faust. Pas l’opéra de Gounod. Non.
Di Brazzá - Chemin de l'envol du héron (Pour S.F.G)
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Ce chapitre est le vingtième du Journal d'une disparition. Qui constitue la deuxième partie de mon Livre de Nocturnes, (Chochottes blues?) en étant la première. Il s'agit bien entendu d'un premier jet.
Si vous le voulez bien nous arpenterons ensemble un certain nombre de rues, quais, places et jardins de cette ville au nom étrange. Accompagnant ainsi à notre manière cette recherche qui se met en route aujourd'hui.
Toutes les petites musiques jointes à ces "épisodes" sont des compositions originales instrumentales que j'ai signées. Et jouées. Je ne saurais bien sûr vous obliger à les entendre. Mais sachez, vraiment, n'y voyez aucune vanité de ma part, que le film souffrirait de cette absence de bande sonore.
Merci à tous d'être là. Si nombreux. Attentionnés et attentifs.
dB
AUTOPUB , Rappel:
"Récitar Cantando" plutôt que Roman
mon dernier ouvrage : JE EST UNE O.MBRE
est désormais disponible ICI

Illustration haut de page:Copyrights: © Di Brazzá
dibrazza | 15 h 07 | Rubrique : JOURNAL D'UNE DISPARITION. Nocturnes Livre II | Màj : 02/08/08 à 09 h 00
Commentaires
Permanence...
christiane
31/07/08 à 15:55
C'est la même femme n'est-ce pas, la même, depuis le début ?
L'homme, l'absent-présent, est-il tout ce(ux)-là, aussi ?
Et le mimosa...ah, le mimosa...
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méchante ?
christiane
01/08/08 à 10:25
Pourquoi méchante, c'est un mot incompréhensible dans cette histoire ?
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